dimanche 6 novembre 2011

papa, maman, parents, enfants



J'ai tant de choses à écrire, à dire, et depuis ce matin, je cale devant cette page blanche.
Je commence.
Je n'ai peut-être rien de très intéressant à dire, tant pis...
Je ne suis pas là  pour essayer de convaincre, ou de plaire, c'est tout juste le contraire car j'ai créé cet espace pour me sentir libre...Il est indispensable pour moi d'avoir mon coin de liberté sur ma planète ou chaque mm2 est touché dans son intimité et sa pureté...

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Introduction

Ce matin, après avoir lu un article d'une douloureuse violence puisqu'il s'agit d'une jeune fille de 16 ans qui après s'être faite violée à de multiples reprises et jetée dans un fossé nue, est restée dans un coma de 2 mois, et à son réveil n'a plus penser qu'à se suicider, ce qu'elle a réussi...

Un sentiment d'une extrême violence sourde m'a évidemment menée dans une discussion pour en fin de celle-ci me dire,  mais que faire?
Je crois que les causes sont tellement profondes, elles se sont installées insidieusement depuis très longtemps, que le violé est autant une victime que le violeur.
Le système des valeurs, des sexes opposés, de l'approche entre deux êtres, de la signification du couple, de la rencontre intime, de la vie partagée à deux, de ces deux êtres qui donnent vie à un autre être qui lui va entendre, regarder, apprendre, imiter, essayer...Tout part de là, de génération en génération.
Les valeurs d'avant n'étaient sans doute pas les meilleurs, les véritables, car nous venons de là et nos enfants, et nos petits enfants, et où en sommes nous, où en sont nos enfants, où en seront nos petits enfants,etc?

C'est un sujet qui me tient personnellement à cœur et je vais prendre le temps de le développer en toute humilité...

Le rôle de parent ne s'apprend  pas à l'école, il s'endosse malgré soi, en ne recevant pas toujours et souvent pas  les bases nécessaires pour réussir mieux, car le parent est imparfait et il faut commencer par le reconnaître, c'est le premier pas honnête qui nous mène vers cette  prise de conscience réaliste.

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Lorsque j'étais petite

Pour développer ce sujet, je désire revenir à ma petite enfance et avancer dans le temps sans rentrer dans les détails plus personnels.

Je suis triste depuis l'âge de 5 ans,  ma mémoire sélective  me rappelle ce sentiment encore aujourd'hui, 45 ans plus tard...
Ce sentiment de tristesse est inexplicable à cet âge et elle est devenue une amie, mon amie. J'étais si facile comme disait maman, joyeuse, comique, charmante, etc.
C'est vrai, cette nature gaie fait partie de moi encore aujourd'hui.

Mais, derrière cette  nature "Facile" se terrait une souffrance sourde, non dite, interdite.
J'ai passé 45 ans à chercher, comprendre, trouver, et  faire le deuil de cette soi-disant amie qui s'est déguisée sous des formes différentes et  a des moments précis de mon existence. Elle était devenue une addiction masquée.
Dès l'âge de 7 ans, je ne me suis plus sentie à ma place, nul part, ni à l'école, ni à la maison...
J'ai traîné la patte, j'ai recommencer à deux reprises deux années scolaires à l'école primaire.
J'accumulais les punitions, les colères de mon père, des noëls sans cadeau alors que ma sœur et mon frère ouvraient les leurs devant moi, des anniversaires sans fête, des voyages scolaires interdits, d'ailleurs je n'ai jamais été en voyage scolaire, des heures enfermées dans ma chambre...
Un fossé s'était creusé , et j'ai longtemps pensé que j'étais la responsable avec le sentiment de n'être qu'un idiote au sens propre du terme surtout que mon prénom, signifie "petit âne" et que papa me disait très souvent en criant:" des oreilles d'âne vont te pousser sur la tête."
Dès lors, s'est installé profondément en moi, ce sentiment d'être complètement décalée par rapport à ma famille, dans ma perception de l'existence, dans l'amour manifesté, et de plus éduquée chrétiennement, je ne comprenais pas l'attitude de mon père qui était si rarement souriant, très peu content, sévère, associable avec son entourage, ses voisins, sans aucune pédagogie et beaucoup de principes fondés sur ses peurs, ses faiblesses personnelles, ses priorités, ses complexes profonds d'infériorités ce qui est toujours d'actualité avec quelques années de plus...
Je n'attends plus rien de lui ayant usé mes espoirs d'être soutenue dans l'amour inconditionnel, d'être aimée comme je suis et reconnue en tant que telle.
C'est comme cela...Je ne peux rien n'y changer...Il n'a sans doute pas reçu non plus ce dont il avait besoin dans son enfance et donc n'a pas su donner, ce qui n'explique pas tout, ni n'excuse rien...

Être père, c'est aimer son enfant avec ses richesses propres sans vouloir en faire une projection de ce qu'il n'a pas su être , sans vouloir décider de l'avenir de l'enfant selon ses critères à lui.
Il est donc passé à côté...

Une maman, joue souvent le rôle de  l'intermédiaire et sait amener son mari à changer d'attitude si nécessaire pour le bien de l'épanouissement de l'enfant, de la relation, pour amener le dialogue entre l'enfant et son père.

Maman, n'y est pas parvenue, je crois qu'elle a été dépassée par la dureté de mon père, de son autorité, et de son orgueil d'homme, de mari et de père, qui n'a pas su écouter, prendre en compte une remarque quant à son approche au sein du foyer.
Maman est donc restée en retrait, et je l'ai vue s'éteindre un peu tous les jours jusqu'à déconnecter pendant quelques années. Ses années d'absences m'ont coupées d'elle. Elle était là mais complètement absente, dépressive à un degré très élevé.
J'avais alors une dizaine d'années et pendant 4 longues années, maman n'a plus été ma maman car je devais vivre entre les disputes nocturnes de mes parents, les nuits blanches de maman, ses fugues, ses médicaments qui la rendaient absente et sans force, sa maigreur cadavérique à tomber avec le vent, ses tristesses, les ambulances qui venaient la chercher, les repas (sous vide) que je me réchauffais, ses sommeils dans le fauteuil du salon en peignoir et son départ sans prévenir.

Me voici donc arrivée à la fin de la première partie de ma petite vie.
Bien entendu, il y a eu aussi  des instants plus gai  mais pâlis par cette souffrance intérieure.


Dans la cour des grands

J'ai 11 ans.
Avec mes bagages, mes douleurs sourdes, gardées secrètes et interdites à dire, je dois me taire, obéir à mes parents, bien travailler à l'école, étudier et réussir.
Mais ça ne s'est pas passer comme prévu!
Ah non, pas du tout....

Je fais une petite parenthèse, ce qui peut expliquer certains comportements.
Entre 10 et 11 ans, je fus abusée physiquement à plusieurs reprises. J'ai gardé ce secret jusqu'à l'âge de 40 ans.

Donc me voilà dans la cour des grands...
Je détestais l'école, les professeurs, j'étais prisonnière de l'école, des profs et de mes parents.
Je rêvais d'avoir 70 ans car pour moi, cela représentait l'âge de la sagesse, de la sérénité...
Mais malheureusement, j'avais encore tant d'années à vivre!

Il y avait une grande fille à l'école qui me harcelait pendant la récréation, elle m'enfermait dans les toilettes, me menaçait..etc.
Je n'étais pas rapporteuse et donc gardait cela pour moi en sachant que mes parents ne me croiraient pas.
Ensuite, j'ai goûté à la cigarette et j'ai commencé à fumer..
Je ne foutais rien à l'école, je me faisais punir, j'avais des notes rouges dans mon journal de classe, des -5 car surprise  à fumer dans les toilettes de l'école.. et j'en passe.
Je ne facilitais pas la tâche de mes parents.
J'ai changé d'école plusieurs fois, mais rien ne me donnait envie d'étudier, d'apprendre, j'étais si malheureuse dans mon être intérieur.

J'en suis même arrivée à désirer la mort de mes parents, tellement je les détestais.
J'ai fait des fugues de nuit sans que mes parents ne s'en aperçoivent.

J'ai été gardée, car j'aurais pu vivre ce que cette jeune fille mentionnée au début de cet article a subi, très malheureusement pour elle.

Jusqu'à l'âge de 16 ans j'ai fait n'importe quoi.

Papa, maman, parents

" Être papa, être maman, être parents, est-ce si facile? "

Je suis moi-même maman et j'ai moi-même eu bien des manquements à l'égard de chacun de mes enfants même si j'ai cru à 19 ans lorsque mon premier enfant est né, que, je cite,
" je ne ferai pas d'erreurs en tant que maman, je ferai beaucoup plus et beaucoup mieux que mes parents!".

Je me suis lancée dans la vie en me mariant à 18 ans.
J'ai abandonné l'école avant la fin du cycle à 17ans. Je suis allée travailler dans une famille, garder deux petits enfants pendant que leurs parents travaillaient.
Je n'avais aucun bagage positif, pas de réussite quelconque, pas de diplôme, pas de reconnaissance en tant qu'être à part entière et surtout , je portais un regard sur moi plus que négatif.

Flattée qu'un homme soit attirée par ma personne, 1 an plus tard, j'étais mariée et "libre", que je croyais...
J'ai quitté ma province sans difficulté, sans regret pour me retrouver en Province du Hainaut.
Très vite, j'ai ressenti une solitude extrême mais 1 an après le mariage, je fus maman et très heureuse de l'être.
Je trouvais enfin un sens à mon existence.
Mon deuxième enfant est arrivé 22 mois plus tard.
A 29 ans, j'étais maman de 3 enfants.

Mais lorsque je me suis engagée dans la vie, je n'étais pas en mesure de mesurer l'importance de cet engagement et je commençais une nouvelle histoire encombrée de mon passé, avec les blessures béantes..
Je ne me suis pas donnée le droit d'y penser car la priorité n'était plus pour moi mais pour le mari et les enfants.

Chassez le naturel et il revient au galop, pour moi il est revenu insensiblement jusqu'à ce que je tombe dans une anorexie pendant 3 ans.

Et le cycle se reproduit, peut-être pas exactement comme nos parents.

Quel est ce cycle? Un cercle vicieux , vicié...Un héritage que l'on porte en soi malgré soi et qui vient sans doute de bien loin avant notre naissance, avant la naissance même de nos parents et l'on peut remonter encore plus loin en arrière.
Parfois, on ne sait rien de nos ancêtres mais tout se transmet de génération en génération et il faut en être informé et conscient.
Souvent je me suis demandée , "Mais pourquoi je ne peux pas être heureuse?"
J'ai cherché, je me suis faite aidée et aujourd'hui tout est beaucoup plus clair et simple même si je ne sais rien de mes ancêtres car il y a eu des secrets de famille que l'on s'est bien gardé de dire.

Mon histoire  n'intéressera  personne mais j'explique un peu  mon parcours pour arriver à ces réflexions, ces questions essentielles pour se ressaisir, prendre conscience de soi-même, de ce que l'on désire pour sa propre vie, ce que l'on voudrait changer, ôter, effacer, vivre une guérison intérieure, être libéré des héritages qui pourrissent notre existence,  pour arrêter ce cycle répétitif infernal, et vivre une vie nouvelle.


" Comment en sommes-nous arrivés à vivre tant de drames humains? Pourquoi, tant de violence, de rage, de crime, de haine dans le coeur des hommes, qu'ils soient masculins, féminins, adultes, jeunes et même très très jeunes?"

à suivre...








































 
 









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